2018 / 2019 : bilan et nouvelles perspectives pour le CIVL

Miren de Lorgeril, présidente du CIVL
Miren de Lorgeril, présidente du CIVL — Photo © CIVL

Alors que l’année 2018 vient de se terminer, l’heure comme à l’accoutumée est au bilan. L’occasion de découvrir les principaux projets et tendances à venir avec Miren de Lorgeril, présidente du Comité interprofessionnel des vins du Languedoc (CIVL)

Quels sont les événements qui ont selon vous marqué l’année 2018 ?

2018 a été une année atypique notamment d’un point de vu météorologique. L’année a été très humide, ce qui n’était pas arrivé en Languedoc depuis très longtemps. Il y avait jusque-là un déficit hydrique important, qui semblait structurel. Or là, au contraire, nous avons connu une année avec des pics de précipitations très supérieurs aux moyennes habituelles. Il y a eu des zones où l’humidité a été tellement importante qu’elle a provoqué de grosses attaques de mildiou. Celles-ci ont été particulièrement difficiles à maîtriser, notamment pour les vignerons en bio car les traitements en agriculture biologique ne résistent malheureusement pas à la pluie.
L’année 2018 a également été une année de neige et de grêle très localisée, mais il n’y a pas eu de gel. Enfin, cette année a été marquée par une sécheresse importante avec pour conséquence, par endroit, de bloquer les maturités. Mais globalement l’année reste très satisfaisante avec des saisons qui ont été très marquées, ce qui est plutôt sain pour la vigne. Les vignerons qui ont eu la chance d’être épargnés par la météo sont unanimes devant l’abondance et la qualité de la récolte.

Les appellations Cabardès et Minervois ont été les plus durement touchées par les inondations d’octobre. À combien ont été estimés les dégâts ?

Les estimations financières n’ont pas encore été dévoilées mais il y a eu plus de 1500 vignerons touchés, ce qui est conséquent. Dans les vignobles, les dégâts concernent essentiellement des vignes abîmées ou couchées et des fossés à refaire. Toutefois, il y a quelques endroits plus sérieusement impactés, notamment en Cabardès ainsi que dans l’ouest Audois, où quelques chais ont été inondés et du matériel détruit ou endommagé. Heureusement, ces intempéries n’ont eu aucune conséquence sur le vin car la plupart des vendanges étaient terminées. En outre, les vins stockés ou en fermentation dans les cuves surélevées, ont été épargnés.

Quelles ont été les principales actions menées par le CIVL ?

Je suis arrivée au CIVL en juillet, j’ai donc pris en cours de route certaines actions, mais il y a eu un important travail réalisé sur la visibilité de la segmentation des appellations Languedoc. Il y a également eu d’importantes démarches environnementales et d’autres tout autant significatives, en termes d’œnotourisme. En 2018, nous avons par ailleurs connu une dynamique très forte sur le rosé, notamment au travers de l’appellation Languedoc rosé qui s’impose de plus en plus comme étant une appellation socle. C’est un véritable enjeu, car il y a une très forte demande sur les vins rosés tant sur le marché mondial que français. Or, la région dispose de tous les atouts pour y répondre.

Comment appréhendez-vous cette nouvelle année 2019 ?

Pour l’année qui démarre, de nombreuses dynamiques se sont mises en route, grâce notamment à l’arrivée d’une nouvelle équipe constituée de nombreux jeunes. Les projets concernent à plus de 50% l’export avec un focus très fort sur les pays les plus porteurs que sont le Japon, la Chine, les Etats-Unis et le Canada. Ces quatre marchés sont déterminants dans nos démarches. Nous misons également sur l’Europe et notamment sur l’Angleterre, où nous souhaitons clairement nous positionner. Pour ce qui est du marché français, nous travaillons à profiler nos actions avec un important travail de visibilité auprès des influenceurs que sont la presse ou encore les blogueurs.
Nous avons par ailleurs une volonté d’être très présents sur les segments d’excellence. Nous ciblons ainsi un certain nombre d’actions vers les sommeliers avec la mise en valeur de nos vins « stars ». L’objectif est de montrer que le Languedoc est une région de grands vins. Cette année nous continuerons également de mettre systématiquement en avant nos vins rosés.

Quelles sont, selon vous, les tendances pour les prochaines années concernant la filière du vin en Languedoc ?

La connaissance des terroirs et la volonté des consommateurs de comprendre et d’approfondir leurs savoirs autour du vin est une véritable tendance de fond. Il est donc fondamental de leur offrir des points de repère et d’approfondir leur perception, en communiquant autour de nouveaux domaines et nouveaux terroirs. Le Languedoc voit en effet chaque année l’émergence de nouvelles appellations qu’il est essentiel de promouvoir. En même temps, il est nécessaire de garder une dynamique forte sur la signature « Languedoc », première région viticole française.
L’autre tendance de fond concerne l’environnement. Il y a en Languedoc une dynamique très importante autour du label Haute Valeur Environnementale. Le Languedoc est également la première région en nombre de conversions bio. Celles-ci devraient encore se multiplier ces prochaines années. Le CIVL soutient d’ailleurs les vignerons en ce sens, en leur offrant d’importants moyens de valorisation et de communication.

Stéphanie Ramé, de la Maison Ventenac, présidente de l’AOC Cabardès, témoigne : «L’eau est montée jusqu’à 40cm dans la cave et dans les bureaux. Notre chai a également été inondé. En tout, 50 palettes ont dû être jetées, soit l’équivalent de 30 000 bouteilles. Dans le lot, nous avons perdu notre machine d’étiquetage et du gros matériel comme le pressoir et les pompes. Côté vignoble, ce sont 3 ou 4 ha de vignes qui ont été couchées. D’importants travaux de relevage et de nettoyage ont dû être entrepris en décembre. Reste maintenant à estimer les coûts et à faire travailler les assurances. Mais les conséquences seront forcément lourdes ».

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