Les cépages résistants étudiés de près

Implantation de cépages résistants en Occitanie

Le Département de l’Hérault mène actuellement plusieurs expérimentations sur les cépages résistants, afin d’aider les viticulteurs à s’adapter au changement climatique et à réduire leur impact sur l’environnement…

Dans un contexte de changement climatique, la préservation des ressources est un enjeu important sur lequel travaille le département de l’Hérault depuis plus de dix ans. 

Son objectif est d’accompagner la profession viticole vers une agriculture durable et résiliente. « Il s’agit d’encourager les viticulteurs à adopter des solutions innovantes et environnementales, mais également à expérimenter de nouvelles pratiques visant à préserver les ressources en eau et à limiter les intrants sur les parcelles », précise Gisèle Soteras, responsable de l’Observatoire Viticole du Département.

L’étude de cépages résistants aux maladies

En ce sens, le département mène depuis 2012  une expérimentation, sur le site de SudExpé à Marsillargues, autour des cépages résistants aux maladies cryptogamiques. « L’objectif est d’étudier différentes variétés de vigne ainsi que diverses techniques viticoles. La finalité de cette opération est de permettre le transfert de connaissances entre le secteur de la recherche et le monde viticole », explique Gisèle Soteras. Les différentes études menées dans cette station ont d’ailleurs « permis d’inscrire de nouveaux cépages au catalogue français de variétés tolérantes aux maladies », se félicite la responsable de l’Observatoire.

Un site agro-écologique et pédagogique

Depuis 2019, le Département a par ailleurs créé un deuxième site expérimental, au domaine des Trois Fontaines, au Pouget. Celui-ci vise à tester de nouvelles variétés de vigne tolérantes aux maladies Bouquet. « L’idée est de ne pas s’intéresser qu’au plant, mais aussi à son environnement », indique Gisèle Soteras, précisant « sur les cinq parcelles consacrées à cette étude, une parcelle agro-écologique accueillera l’année prochaine des cépages adaptés à la sécheresse, afin d’avoir une approche complète et transversale ». Le domaine départemental des Trois Fontaines a par ailleurs pour ambition d’être une véritable vitrine pédagogique. « A terme, nous souhaitons inviter des étudiants, des vignerons et des professionnels à venir visiter le domaine » ajoute la responsable de l’Observatoire.

Sensibiliser à la viticulture de demain

Dans cette même perspective, le Département de l’Hérault a inclus dans le projet d’aménagement du domaine départemental de Bayssan à Béziers, la création d’un jardin de vignes. « Celui-ci est tout récent, il a été planté au printemps dernier. L’idée est de proposer des sentiers de découverte au milieu des vignes, avec des panneaux présentant les différents cépages. Un pavillon des vins devrait également être construit cette année. L’objectif est de sensibiliser le grand public aux enjeux de la viticulture de demain » souligne Gisèle Sotéras.

Faire face aux défis climatiques

Ce travail d’investigation autour des cépages résistants, s’inscrit dans la politique menée par le Département, depuis 2018, à travers notamment le Schéma Héraut Irrigation 2019-2030. « Celui-ci à pour but de répondre aux défis climatiques de demain. Il vise ainsi à améliorer l’irrigation agricole par l’extension des réseaux existants ou encore la recherche de nouvelles ressources hydrauliques. Ce schéma va également plus loin, car il s’intéresse particulièrement aux zones qui n’ont pas accès à l’eau. Il s’agit là de trouver des alternatives pour ne pas abandonner la viticulture. Or, les cépages adaptés à la sécheresse en sont une », affirme la responsable de l’Observatoire.

La piste des cépages résistants à la sécheresse

Face à cet enjeu de l’accès à l’eau, l’Observatoire du département réalise depuis janvier 2021, un recensement totalement inédit des variétés de vigne adaptées à la sécheresse. « Il s’agit de cépages patrimoniaux, qui étaient autrefois plantés dans la région, et de cépages étrangers qui poussent dans des conditions plus arides que les nôtres, en Espagne, en Italie, en Grèce, ou encore en Géorgie ». Les équipes du Département vont à la rencontre des vignerons pionniers, qui ont « déjà fait le pari d’implanter eux-même ces variétés ». 

L’objectif, bénéficier de leur retour d’expérience.

Enrichir les connaissance des vignerons

Pour compléter ce dispositif, des dégustations régulières sont également organisées, en présence des vignerons et d’une quinzaine de dégustateurs professionnels, « afin de consolider l’expérience et enrichir les échanges ». La dernière en date a eu lieu Domaine départemental du Château d’O mardi 9 novembre 2021.

« A terme, le Département souhaite mettre à disposition toutes les informations collectées afin d’enrichir la connaissance des vignerons. Reste à eux après, d’élaborer leur propre stratégie sur le territoire » conclut la responsable.

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