Département de l’Hérault : répondre aux nouveaux enjeux de la viticulture

Kléber Mesquida en visite chez les vignerons de l'Hérault pour répondre aux nouveaux enjeux de la viticulture.

Le président du Conseil Départemental de l’Hérault, Kléber Mesquida, a souhaité aller à la rencontre des viticulteurs au moment des vendanges. L’occasion pour lui d’expliquer les actions mises en place par le département pour soutenir la filière face aux enjeux climatiques.

Vous avez souhaité aller à la rencontre des vignerons durant tout le mois de septembre. Pour quelles raisons ?

Il est pour moi fondamental que le Département de l’Hérault soit aux côtés des viticulteurs dans ce moment si particulier que sont les vendanges. C’est là que se jouent les prochains millésimes mais surtout les futures rentrées économiques des vignerons. C’est pourquoi j’ai souhaité me rendre dans une trentaine de caves coopératives réparties sur tout le territoire, en compagnie d’Yvon Pellet, délégué à la viticulture et à l’observatoire viticole au sein du Conseil Départemental. Ce rendez-vous mis en place depuis déjà quelques années, est une véritable occasion d’évoquer l’état de la récolte et échanger sur les attentes, les besoins, les difficultés que les caves coopératives rencontrent en termes de maladies de la vigne, de foncier agricole, d’irrigation ou encore de promotion de leurs vins.

Quels sont à ce titre les moyens mis en place par le département pour soutenir la filière viticole ?

Le budget d’intervention agricole du département prévoit pour 2019, près de 17 millions d’euros, en investissement et en fonctionnement. Ce budget conséquent doit notamment permettre aux filières agricoles et viticoles l’installation d’équipements agro environnementaux. L’objectif étant de favoriser la lutte biologique par confusion sexuelle, la création d’aires de lavage, la dépollution des caves, ou encore le soutien de projets relatifs à la biodiversité. Ce budget vise également la mise en place d’équipements œnotouristiques et la valorisation des vins par l’Observatoire viticole. Enfin, une partie importante de l’enveloppe budgétaire est destinée au soutien des vignerons face aux aléas climatiques, avec près de 13 millions d’euros dédiés au développement de la structure Hérault Irrigation.

Hérault Irrigation 2019-2030 se décline en 4 orientations :
– Garantir et accroître les ressources hydrauliques de l’Hérault
– Moderniser et développer les réseaux collectifs de desserte
– Soutenir les projets individuels en l’absence de solutions collectives
– Accompagner une agriculture résiliente.
Pour atteindre son objectif sur la période 2019‐2030, Hérault Irrigation évalue ces actions à 310 M€, financés par des contributions de l’Union Européenne, de la Région, du Département, des collectivités locales et des acteurs locaux.

Comment le conseil départemental répond-il justement à l’enjeu primordial qu’est l’accès à l’eau ?

L’accès à l’eau est une question prioritaire pour assurer la pérennité de la viticulture et sa survie dans certains terroirs. Sur les 42 000 hectares de besoins recensés auprès de la profession agricole, Hérault Irrigation vise à assurer une réponse optimale pour la période 2019‐2030, en équipant 22 500 ha de réseau supplémentaires, ce qui représente un accroissement de 66% par rapport aux surfaces déjà équipées. De nouvelles dessertes sont ainsi envisagées à partir de la ressource disponible, notamment retenues et barrages des Monts d’Orb, du Salagou ou des Olivettes. Cela concerne près de 12 500 hectares. De nouvelles retenues hivernales devraient également voir le jour et desservir à terme plus de 5 200 hectares de surfaces agricoles.

Face à ces nouveaux enjeux, quelles sont les actions développées par le conseil départemental pour accompagner l’évolution nécessaire du métier de vigneron ?

Le Département intervient pour encourager les viticulteurs à adopter des solutions innovantes et environnementales mais également à expérimenter de nouvelles pratiques. Nous soutenons notamment les projets de création et de développement liés aux cépages résistants, aux maladies cryptogamiques et à la sécheresse, sur les sites de SudExpé (Marsillargues), des Trois Fontaines (Le Pouget) et de Pinet, avec le soutien du Syndicat du Picpoul. Nous encourageons également les pratiques culturales qui permettent l’augmentation des réserves en eau des sols. Pour cela le Département a développé plusieurs partenariats avec la Chambre d’agriculture, le CIVL, les syndicats viticoles et le CIVAM Bio 34.

Quelles sont les actions mises en place pour accompagner les vignerons vers une viticulture plus responsable ?

Nous accompagnons, avant tout, les vignerons dans la restauration de la biodiversité dans leur vignoble. Depuis 2012, près de 200 viticulteurs ont ainsi été formés et 2 050 parcelles diagnostiquées. 60 projets de travaux d’amélioration de la biodiversité et de la qualité de l’eau ont également été soutenus, grâce auxquels 20 km de haies ont été plantées, 7 hectares de milieux ouverts ont été restaurés et 16 mares ont été créées, pour un montant d’aide départementale de 600 000 €. Enfin, le Département assure l’accompagnement technique et la mise à disposition d’abris à chauve‐souris, véritables auxiliaires des cultures qui permettent de réduire les traitements phytosanitaires. 1 000 abris ont ainsi été distribués à ce jour, dont 800 à la profession viticole.

La viticulture c’est l’ADN de l’Hérault
– 1er département viticole d’Occitanie et le 2ème département viticole de France, derrière la Gironde
– 84 900 hectares de vignes en 2016 : c’est 43% de la surface agricole totale de l’Hérault et 13% de la superficie totale du département.
– 8 116 hectares de vignes sont cultivés en agriculture biologique.
– 800 M€ de chiffre d’affaires annuel.
– Les cépages les plus plantés sont : la Syrah (19% de la superficie totale), le Carignan (14%), le Merlot (14%), le Grenache (13%) et le Cabernet‐sauvignon (9%).
– 13 Appellations d’Origine Protégée : Languedoc, Faugères, Saint‐Chinian, Clairette du Languedoc, Minervois, Minervois‐La‐Livinière, Terrasses du Larzac, Picpoul de Pinet, Pic Saint‐Loup et 4 Muscats AOP
– 7 IGP : Saint‐Guilhem le Désert, Coteaux d’Ensérune, Côtes de Thongue, Côtes de Thau, Haute Vallée de l’Orb, Vicomté d’Aumelas, Coteaux de Béziers.

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