IGP du Gard : des vins aux grandes valeurs

Discours de Denis Verdier, président des IGP du Gard
Denis Verdier présente les valeurs des vins IGP du Gard - photo © Nathalie Savary

Des Cévennes à la Camargue en passant par le Pont du Gard, les vignerons de l’IGP du Gard ont su repenser entièrement leur vignoble afin d’avoir une parfaite adaptation des cépages et produire les vins recherchés par le consommateur. Présentation…

L’indication géographique protégée “Gard”, appelé “vin de pays du Gard” jusqu’en 2009, est un vin produit sur l’ensemble du vignoble du département du Gard. La zone géographique de cette IGP est « très contrastée et comprend trois entités principales, chacune possédant un vignoble spécifique : les Cévennes sur les contreforts du massif central, une importante zone de garrigues calcaires avec pour emblème le célèbre Pont du Gard et enfin une zone de plaine qui prend fin avec la Camargue » précise Denis Verdier, président de la Fédération Gardoise des Vins à IGP.

Une IGP qui reflète de nombreuses valeurs

Ces trois entités reflètent à elles seules les valeurs du département gardois avec « les Cévennes qui symbolisent la résistance, l’agriculture et la production locale ou encore l’artisanat et qui disposent d’une véritable dimension religieuse. L‘IGP Coteaux du Pont du Gard qui témoigne d’une richesse historique et culturelle datant de la romanité. Il faut en effet savoir qu’à l’époque romaine le premier grand vignoble était implanté dans le Gard, avec un réseau routier, des structures agraires et des édifices mondialement connus comme le Pont du Gard et les Arènes de Nîmes. Et enfin l’IGP Gard qui vient coiffer et fédérer ces territoires » explique Denis Verdier.

Un climat très marqué

Ce territoire viticole est soumis à un climat méditerranéen particulièrement marqué « qui se caractérise par des étés chauds et secs et des périodes pluvieuses, notamment à l’automne avec les très connus « épisodes cévenols » responsables de pluies intenses » ajoute le président des IGP du Gard, qui note par ailleurs une réelle évolution climatique. « Il y a vingt ans, les vendanges démarraient autour du 15 septembre, cette année les premiers coups de sécateur ont été donné le 10 août ».

Accompagner le changement climatique

Face à de tels changements, l’IGP du Gard a pris de nouvelles mesures en juillet 2019, avec notamment l’intégration de 9 cépages résistants à son cahier des charges. Une démarche pionnière dans l’Hexagone. « Nous avons lancé, l’an dernier, un plan d’expérimentation afin de déterminer précisément les qualités agronomiques de plusieurs cépages résistants choisi pour être adaptés aux types de vins produits sur notre territoire (NDLR : floreal, voltis, artaban, vidoc, cabernet blanc, cabernet cortis, muscatis, souvignier, soreli). Aujourd’hui, avec les premières vendanges de ces nouvelles variétés, nous rentrons dans la deuxième phase expérimentale, qui concerne cette fois la vinification. Et les premiers résultats sont très bons »  se félicite le président de la Fédération Gardoise des Vins à IGP.

L’environnement au cœur des préoccupations

En parallèle de ces démarches, Denis Verdier confirme son engagement « pour qu’en 2024, 60 % des IGP du Gard aient introduit une référence à charte environnementale de niveau 2 dans leur cahier des charges ». Les IGP du Gard affichent ainsi leur détermination à « se positionner en leader de la protection environnementale » ajoute le président. Ce dernier se félicite d’ailleurs du nombre croissant de vignerons engagées dans la bio, qui représentent 15 % des vignerons du Gard. « C’est à la fois une démarche pérenne pour l’environnement mais aussi pour l’économie de la filière, car les consommateurs sont très en demande de vins plus respectueux » souligne Denis Verdier.

Avec 924 producteurs gardois répertoriés en agriculture biologique sur près de 27000 hectares, le Gard est le troisième département français en la matière.

Répondre aux attentes des consommateurs

En outre, alors que la consommation de vin rouge ne cesse de diminuer en France, l’IGP du Gard semble tirer son épingle du jeu. « Aujourd’hui, les vins plus nuancé et moins concentrés sont davantage appréciés, notamment par les jeunes. Or, ce profil de vin correspond davantage à celui des blancs et des rosés. Face à cela, les IGP,  et notamment l’IGP du Gard, ont la chance de pouvoir sortir des règles traditionnelles en proposant de nouveaux produits, y compris en terme de conditionnement. C’est d’ailleurs sans doute ce qui explique qu’elle se porte moins mal que les AOC » expliquele président de la Fédération Gardoise des Vins à IGP.

Un millésime 2020 prometteur
Le millésime annoncé devrait marquer les esprits à en croire Denis Verdier. « Malgré quelques difficultés sanitaires dans le Gard Rhodanien, où quelques épisodes de gel ont été observés au printemps, dans l’ensemble c’est une très bonne année en terme de qualité. Concernant les volumes, le Gard devrait produire plus de 3 millions d’hectolitre, soit un peu plus que l’an passé. Mais ce n’est pas une récolte pléthorique ».

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