Les méthodes de conduite de la vigne dans l’Antiquité

Comment élevait-on la vigne dans l'Antiquité ?

Dans les 1990, la mise au jour de vastes parcelles agraires, travaillées en fossés, rangées et tranchées, ont permis de mieux appréhender les méthodes employées pour conduire la vigne pendant l’Antiquité.  
Elles diffèrent selon les provinces de l’empire romain : vignes rampantes, vignes basses sans échalas (tuteur), vignes à échalas sans joug, avec joug ou à joug multiple, vignes conduites sur des arbres ou hautains, voire même en gobelet.
Toutefois, bien que de nombreux écrits d’histoire naturelle évoquent son existence, aucune trace archéologique n’a jusqu’à présent attesté de la conduite de la vigne sur des arbres.  
Il semble dès lors que la culture des vignes rampantes était la technique la plus répandue dans le sud de la Gaule. Ce procédé était en effet particulièrement adapté aux régions venteuses de la Narbonnaise.
Cependant, la configuration des fosses de plantation qui y ont été découvertes peut également correspondre à la technique du provignage. Recommandée par les agronomes antiques, celle-ci permettait de renouveler les plantations par bouturage. Identique au marcottage, la technique consiste à multiplier la vigne par enfouissement de certains de ses rameaux, qui se détachent alors du pied-mère lorsqu’ils ont formé des racines.
Il existe deux façons de pratiquer le provignage : soit un sarment (le provin, encore appelé marcotte) est recourbé puis enfoui dans une fosse contiguë au pied-mère, soit le pied lui-même est couché, enterré en ne laissant dépasser dans l’air que quelques tiges, appelées cabus.
Ces techniques ont été abandonnées au XIXe siècle lors de la crise du phylloxéra, et remplacées par le greffage qui évite tout risque de contamination par les racines.

Rubrique réalisée en partenariat avec Marc Bibal, Historien

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