Jacques Gravegeal : «Le vin n’est pas un alcool comme un autre ! »

Jacques Gravegeal, président du syndicat des producteurs des Pays d'Oc IGP
Jacques Gravegeal nous fait part de ses réactions quant aux propos de la ministre de la santé Agnès Buzyn — Photo © Nathalie Savary

Lors d’un débat organisé par France 2 sur l’alcool, en février dernier, la ministre de la Santé s’est attaquée au vin avec des propos jugés « inacceptables » pour la filière viticole. Explications avec Jacques Gravegeal, président du syndicat des producteurs des Pays d’Oc IGP.

Le 12 février dernier, France Télévision organisait un débat intitulé « L’alcool, un tabou français », auquel étaient invités d’anciens alcooliques, le président de l’association SOS Addictions, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, mais aussi des représentants de la filière viticole.
« Pendant l’émission, la ministre de la Santé s’est attaquée frontalement aux vignerons ainsi qu’à l’image qu’ils donnent du vin », déplore Jacques Gravegeal, président
du syndicat des producteurs des Pays d’Oc IGP.

Après quelques minutes d’intervention la ministre a en effet tenu des propos qui font aujourd’hui bondir la profession.
En voici un extrait : « L’industrie du vin laisse croire aujourd’hui que le vin est différent des autres alcools. En termes de santé publique, c’est exactement la même chose de boire du vin, de la bière, de la vodka, du whisky, il y a zéro différence ! On a laissé penser à la population française que le vin serait protecteur, qu’il apporterait des bienfaits que n’apporteraient pas les autres alcools. C’est faux. Scientifiquement, le vin est un alcool comme un autre ».

Ce à quoi le président du syndicat des producteurs des Pays d’Oc IGP répond : « Personne ne nie les méfaits de l’alcoolisme. Mais le vin ne saurait être ramené à la seule dimension d’une boisson contenant de l’alcool. Il porte en lui le terroir et la culture française. Il est l’allié de notre gastronomie et il participe largement à notre art de vivre ».
Il rappelle que la filière a entrepris, depuis plus de trente ans, un effort qualitatif sans précédent. « Les vins de table médiocres ont aujourd’hui disparu du marché, pour être remplacés par des vins d’excellence. Le monde entier les regarde comme une véritable richesse patrimoniale ».
Pour lui, ces déclarations sont donc vécues comme une « véritable provocation par les vignerons, qui se sentent stigmatisés alors qu’ils sont les seuls à s’être engagés depuis plusieurs années pour promouvoir la consommation responsable ».

Les déclarations de la ministre ne se sont pas arrêtées là. « Agnès Buzyn a poursuivi en remettant en cause le fameux “French Paradox” » (pour en savoir plus sur le “French Paradox” , consultez notre article sur le sujet) explique Jacques Gravegeal. « Pourtant, et c’est avéré par les plus grands cardiologues, comme tous les consommateurs raisonnables de vin, les Français sont moins touchés par les maladies cardiovasculaires. Il est donc inadmissible de revenir sur cinquante ans d’études scientifiques menées par des chercheurs de renommée mondiale ».

Agnès Buzyn s’est ensuite étonnée que la politique autour du vin ne dépende pas du ministère de la Santé mais de celui de l’Agriculture. « La ministre fait là encore un amalgame totalement négatif, orienté. Il faut dire qu’elle a été directrice de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA) avant d’être ministre. Elle a donc toujours critiqué la viticulture, qu’elle n’a jamais soutenue ni appréciée », affirme Jacques Gravegeal.

Pour finir, la ministre a directement évoqué sa volonté de faire modifier le très célèbre « L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération. » par « L’alcool est dangereux pour la santé ». « Espérons ne jamais voir un jour sur nos bouteilles ce bandeau noir lugubre qui finirait de culpabiliser le consommateur de vin et de tuer le vigneron ! », conclut le président du syndicat des producteurs des Pays d’Oc IGP.

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