Saint-Georges-d’Orques, une appellation en devenir…

Les vignes et le terroir de Saint-Georges-d'Orques
Les vignes et le terroir de Saint-Georges-d'Orques — Photo © Sylvain Collignon

A deux pas de Montpellier

Le territoire de la dénomination Languedoc Saint-Georges-d’Orques fait partie de la zone des Grès de Montpellier. Situé à cinq kilomètres à l’ouest de Montpellier, le vignoble est réparti sur cinq communes : Saint-Georges-d’Orques, Lavérune, Pignan, Murviel et Juvignac et s’étend entre 50 et 300 mètres d’altitude.

Des sols particuliers

Le terroir de Saint-Georges-d’Orques se distingue par ses grandes entités géologiques : la partie nord-ouest, la plus haute, est formée de petits plateaux calcaires et de collines de silex rougis par l’oxyde de fer. La partie sud-est, plus basse, est recouverte de cailloux roulés, de grès, et d’alluvions. Elle est également très riche en oxyde de fer. « Le point commun entre ces deux types de sols c’est justement cette présence d’oxyde de fer qui confère aux vins une acidité naturelle ainsi qu’une grande fraîcheur » souligne Jérôme Vidal, président du cru Saint-Georges-d’Orques.

La douceur du climat méditerranéen

Le terroir de Saint-Georges-d’Orques bénéficie de la douceur du climat méditerranéen. Défini comme une zone chaude, il connaît des nuits fraîches et subit une sécheresse modérée. « Ici, il pleut en moyenne seulement 700 mm par an. Mais les entrées maritimes et les vents apportent de l’humidité et favorisent la maturité du raisin » explique Jérôme Vidal. Les vents dominants, la tramontane et le cers venant de la vallée de l’Aude, assèchent quant à eux la vigne et lui permette de mieux se préserver des maladies.

Des cépages parfaitement adaptés

Les vins de Saint-Georges-d’Orques se déclinent en rouge et en rosé. Les vins rouges reposent sur l’assemblage de trois cépages dits “ principaux ” : le grenache, la syrah et le mourvèdre. Le carignan et le cinsault interviennent aussi dans leur élaboration, en tant que cépages secondaires. « Dans le vignoble, certaines souches de grenache et de carignan sont centenaires. Ces variétés qui sont d’origine méditerranéenne s’adaptent parfaitement au terroir ensoleillé de l’appellation » précise Jérôme Vidal. Côté rosé, les vins sont élaborés à partir de la syrah, du grenache et du cinsault. « Ils présentent une robe rose bonbon et sont remarquables d’équilibre, à la fois frais et fruités ».

Des vins qui se distinguent

Les vins de Saint-Georges-d’Orques expriment toute l’originalité et la complexité de leur terroir. « Les éléments naturels contribuent à la grande singularité de nos vins qui se distinguent par leur finesse et leur fraîcheur avec un goût mentholé, mais également par leur nervosité naturelle » relève Jérôme Vidal. Des vins riches et puissants, taillés pour une longue garde. « En vieillissant, les vins se révèlent encore plus qualitatifs avec une véritable élégance, une belle minéralité, des tannins soyeux et une profondeur aromatique de fruits noirs et de cacao ».

En route vers la reconnaissance AOC

En 2012, le syndicat de promotion du cru Saint-Georges-d’Orques a engagé une délimitation parcellaire afin de distinguer les vignes qui feront partie demain de l’AOC Grès de Montpellier et celles qui dépendront de Saint-Georges-d’Orques. « Saint-Georges est une dénomination en devenir mais nous ne pouvons pas déposer notre dossier auprès de l’INAO tant que le territoire des Grès de Montpellier n’est pas reconnu AOC. Notre territoire est en effet à cheval sur les deux aires d’appellation ! », explique Jérôme Vidal. L’objectif à moyen terme est, pour le syndicat, de faire reconnaître ses vins rouges et rosés en crus communaux.

« En 2015, la cave coopérative de Saint-Georges-d’Orques a été rebaptisée “ Les Vignerons du Chevalier Georges”, la cave ne pouvant porter le même nom que la future appellation ! » explique Jérôme Vidal.
Dès le Moyen Âge, les vins de Saint-Georges-d’Orques sont connus et réputés. Au début du 17ème siècle, leur renommée dépasse les frontières du royaume de France. Le précieux breuvage s’exporte en Angleterre, en Ecosse, dans les pays scandinaves et même en Russie ! Thomas Jefferson, qui les découvre en 1787, en fait l’éloge dans son carnet de route. L’histoire raconte qu’en 1804, il demanda à son ministre des Finances de réduire les droits de douane des vins de Saint-Georges-d’Orques afin de lutter contre l’alcoolisme en développant la consommation de vins de qualité.

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