Apogée et déclin de la viticulture gallo-romaine

À partir du IIe siècle avant notre ère, les vignobles s’étendent de Marseille, à Nîmes, dans la région d’Agde et la vallée de l’Hérault. La création de colonies romaines à Narbonne dès -118, et plus tard à Béziers, Arles, Orange, et Fréjus, donne une impulsion décisive à la création d’un grand vignoble en Narbonnaise.   
Les procédés et les techniques alors utilisés s’inspirent de ceux qui ont cours en Italie : fouloirs au sol, pressoirs à leviers et treuils. À partir du IIe siècle, l’introduction de cuves pour recueillir le moût, la découverte de chaudières pour cuire le defrutum (un vin cuit, parfois agrémenté d’olives noires et d’aromates) ainsi que la présence de grands chais abritant des dolias enterrées, témoignent du développement considérable de la viticulture dans la région.
Les vins produits dans cette partie de la Narbonnaise passent alors pour des vins « du nouveau monde » et concurrencent sérieusement les vins méditerranéens et plus particulièrement les vins italiens. C’est pourquoi l’Empereur Domitien, soucieux de protéger la viticulture italienne, ordonna dans un édit impérial en 92, l’arrachage d’au moins la moitié des vignobles des provinces de Gaule !
Cette époque glorieuse et prospère perdurera tout au long du Haut-Empire, jusqu’ la fin du IIe siècle. La production connaît alors un développement sans précédent, bénéficiant, pour l’exportation, de l’apparition des amphores de type « Gauloise », fabriquées dans les nombreux ateliers de production de la région de Narbonne.
Puis, les grandes fermes vinicoles et par la suite les installations de vinifications furent progressivement délaissées et abandonnées, du fait de la crise viticole qui s’étend à partir du milieu du IIIe siècle. Une part des vignobles est alors convertie en terres de labours ou en pâturage et concédée à des métayers exploitant les terres.
La viticulture ne disparaît toutefois pas complètement du territoire, puisque la production de vin est toujours attestée au Ve siècle. Mais jamais la production de vin ne retrouvera l’importance qu’elle avait atteinte sous le Haut-Empire.

Rubrique réalisée en partenariat avec Marc Bibal, Historien

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