Dans les coulisses de la plus grande cave Bio de France

Camille Guibert et Frédéric Saccoman, Cave de la Voie d'Héraclès
Camille Guibert et Frédéric Saccoman — Photo © Nathalie Savary

Située à Codognan, dans le Gard, la cave de la voie d’Héraclès s’est lancée dans le vin bio il y a 25 ans. Aujourd’hui, elle en est le leader français avec une production annuelle de près de 70 000 hectolitres. « Au départ, c’est pour protéger la source Perrier de résidus de pesticides, qu’une poignée de viticulteurs ont entrepris de convertir leurs 25 hectares » explique Frédéric Saccoman, directeur général de la coopérative. Le vignoble de la cave coopérative s’étend en effet sur une partie de la zone minérale de la source Perrier ainsi que sur la nappe phréatique de la Vistrenque.

Une référence en matière de vins biologiques

Depuis, la pratique vertueuse s’est répandue et concerne désormais plus de 85 % de la surface du vignoble. « L’enjeu primordial de la ressource en eau et le respect de l’environnement sont désormais ancrés dans les mentalités de tous nos adhérents » souligne Frédéric Saccoman. La coopérative est ainsi devenue au fil du temps une référence dans ce domaine. Les vignes sont travaillées mécaniquement et enherbées pour une partie d’entre elles. La récolte de déroule sur plusieurs semaines pour pouvoir récolter les raisins à leurs maturités optimales. La cave s’attache également à vinifier les vins sans soufre ajouté. « Nous souhaitons d’ailleurs nous lancer prochainement dans la production de vins sans sulfites et 100 % vegan » affirme le directeur.

Une unité de vinification à la pointe de la modernité

Pour ce faire, la cave a investi en 2018 plus de 15 millions d’euros dans une toute nouvelle structure capable de doubler sa production. « Il s’agit d’une unité de vinification de 6 000 m2 avec une capacité de 130 000 hectolitres de cuverie inox. Le site est ultra innovant avec par exemple la mise en place de quais de réception basculants et d’un système de pigeage pneumatique automatisé. Les cuves sont également toutes équipées de piquage pour l’installation de sondes permettant la gestion technique centralisée (GTC)» explique le directeur.
Les installations de vinification sont par ailleurs éco-conçues. « Le nouveau chai est constitué d’un dôme avec un couvert végétal permettant l’installation de panneaux photovoltaïques ainsi que la récupération des eaux pluviales pour l’irrigation » ajoute-t-il.

Encourager la conversion

Pour répondre à la demande grandissante de vins biologiques en France et à l‘international, la cave coopérative d’Héraclès souhaite désormais « convaincre les vignerons d’entreprendre leurs conversions en bio » affirme Frédéric Saccoman.  Pour ce faire, la cave a mis en place un partenariat avec la maison de négoce Gérard Bertrand, « laquelle accompagne financièrement les vignerons dès leur deuxième année de conversion » explique le directeur. 70 % de la production de la cave de la Voie d’Héraclès est également contractualisée avec la maison Gérard Bertrand. « Ce partenariat sécurise l’activité qui est très fluctuante sur le marché du bio et nous permet d’avoir des prix référencés » précise le directeur général.

Une cave engagée dans la biodiversité
« Nous menons actuellement un projet avec deux associations naturalistes qui ont accompagné un groupe de vignerons dans la mise en place de nichoirs et le suivi des espèces sur leurs vignes et leurs bâtis. L’objectif est de mener une action agronomique sachant que ces espèces, notamment les chauves-souris, sont des auxiliaires de culture. Il s’agit également d’une démarche agro-écologique qui s’inscrit dans un projet plus global d’agroforesterie. Depuis quelques années, nous encourageons en effet les vignerons à planter des arbres et des haies autour de leur parcelles pour favoriser le développement de la biodiversité » explique Camille Guilbert, Ingénieure en productions végétales et systèmes agro-écologiques à la cave d’Héraclès.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrer votre commentaire
Veuillez entrer votre nom ici