Initiatives : ils ont fait le pari de la certification Haute Valeur Environnementale (HVE)

La Certification Haute Valeur Environnementale (HVE), garantie d'une culture plus respectueuse de l'environnement

Le nombre d’exploitations certifiées Haute Valeur Environnementale (HVE) a presque doublé en un an. Parmi les labellisés, plus de 90 % des certifiés sont des exploitations viticoles. Zoom sur ce label qui a tout d’un grand !

Le nombre de certifications en Haute Valeur Environnementale (HVE) a dépassé la barre des 1 500 certifiés au début de l’année 2019. Il a presque doublé en un an. « A ce jour nous sommes 1 519 à avoir obtenu la certification en France. Il s’agit majoritairement d’exploitations situées dans la région bordelaise, où le climat ne favorise pas vraiment l’agriculture biologique » précise Lise Fons-Vincent, vigneronne au Château de Fourques à Juvignac.

Bio et HVE, des labels complémentaires

Le grand intérêt de la Haute Valeur Environnementale est qu’elle permet de valoriser les efforts des exploitations qui ne répondent pas forcément au cahier des charges de l’Agriculture Biologique, mais qui pour autant, ont de très bonnes démarches pour l’environnement. « L’environnement ce n’est pas que le bio, et le bio n’est pas toujours la bonne solution face aux contraintes techniques et économiques » rappelle Lise. Pour elle, les pratiques viticoles respectueuses de l’environnement ne se résument pas forcément à un seul label environnemental. « Les labels HVE et Agriculture Biologique peuvent être complémentaires pour des vignerons déjà en Bio désirant valoriser leurs efforts en matière de biodiversité, par exemple ».

Les vignerons, pionniers de la HVE

Parmi les labellisés, plus de 90 % des certifiés sont des exploitations viticoles. « Les viticulteurs ont été les premiers à s’intéresser à la HVE » souligne Lise Fons-Vincent. 
Hérité du Grenelle de l’environnement en 2008, le dispositif était effectivement tombé dans l’oubli jusqu’à ce que les Vignerons Indépendants, pionniers de la démarche, n’obtiennent sa relance, en 2012. « Il faut dire que les enjeux de la qualité et de l’environnement font leur chemin dans l’esprit des vignerons depuis déjà longtemps. Ils se sentent responsables des pratiques et souhaitent les faire évoluer » ajoute la vigneronne.
Trois ans plus tard, les Vignerons Indépendant, obtiennent du ministre de l’Agriculture le lancement d’un logo, signe distinctif porté par les produits issus d’exploitations certifiées.

Une certification rigoureuse

Pour obtenir la certification HVE, l’exploitant doit répondre à toute une série d’indicateurs de performance, dont ceux définis par l’ONG  France Nature Environnement (FNE), dans trois domaines : état de la biodiversité, stratégie phytosanitaire, gestion de la ressource en eau et des fertilisants. « Le label prend en compte plusieurs volets. Le premier concerne l’utilisation des produits phytosanitaires et des engrais. En France, il faut savoir que les produits chimiques utilisés en agricultures doivent répondre à une norme nationale et départementale définie dans un cahier des charges. Or, pour obtenir le label HVE il faut être en dessous de la norme moyenne départementale. C’est également le cas pour  l’irrigation.
La certification exige là encore d’utiliser moins d’eau que la moyenne. Enfin, le label HVE est un des seuls à prendre en compte la biodiversité » affirme la vigneronne.

Un label qui rime avec biodiversité

En effet peu de cahiers des charges évoquent la notion de biodiversité dans son ensemble, c’est-à-dire dans la parcelle, et au-delà de la parcelle. Avec la Haute Valeur Environnementale, le vigneron s’intéresse à la biodiversité sur l’ensemble de son exploitation. Ainsi, une végétation spécifique peut être plantée ou entretenue afin d’accueillir des animaux et notamment, des animaux se nourrissant d’insectes nuisibles. «  Le vigneron peut par exemple développer des parcelles en agroforesterie et planter des arbres ou des haies. Il est également encouragé à créer des couloirs écologiques adaptés pour le déplacement de la faune et de la flore » explique Lise Fons-Vincent. La certification HVE sous-entend donc qu’est mené un travail attentif sur les vignes, mais aussi sur la vie dans et autour des vignes.

Une prise en charge globale de l’environnement

La Haute Valeur Environnementale s’appuie sur des indicateurs de performance environnementale qui portent ainsi sur l’intégralité de l’exploitation. « La certification permet d’attester que les éléments de biodiversité tels que les haies, bandes enherbées, arbres, fleurs, ou encore insectes sont largement présents sur l’exploitation et que la pression des pratiques agricoles sur l’environnement sur l’air, le climat, l’eau, ou encore sur les paysages est réduite au minimum. Elle encourage donc une démarche globale, prenant en compte la qualité de l’exploitation dans sa totalité et sa diversité » remarque la vigneronne.

Une grande liberté d’action

La Haute Valeur Environnementale laisse ainsi une grande liberté d’action au vigneron tout en fixant le cadre d’une viticulture limitant l’impact sur l’environnement. « Chaque vigneron peut choisir les moyens les plus adaptés aux caractéristiques de son vignoble de ses sols, de son climat ou même de la taille de ses parcelles, pour développer des pratiques environnementales qui respectent le caractère unique de son terroir, et donc de ses vins » observe Lise Fons-Vincent.

Répondre aux attentes sociétales

Particulièrement complète, la certification HVE prend en compte de multiples critères permettant de répondre aux nouvelles attentes de la société en termes de respect de l’environnement : protection de la biodiversité, préservation des ressources naturelles et réduction de l’usage de produits phytosanitaires. Une demande sociétale forte qui s’inscrit comme accélérateur du développement de la démarche, auprès des vignerons. « De trop nombreux scandales sanitaires ces dernières années font que les consommateurs interpellent régulièrement les viticulteurs sur leurs pratiques. La certification HVE permet non seulement de faire connaître les évolutions du secteur mais surtout d’identifier les exploitations responsables, engagées en faveur des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement » assure la vigneronne.

Une certification reconnue

Aujourd’hui, la HVE est un signe de qualité reconnu par les pouvoirs publics. Une dynamique réelle qui ne devrait pas s’arrêter là. Le Gouvernement vise les 15 000 exploitations certifiées Haute Valeur Environnementale en 2022 et 50 000 en 2030. « Mais ça ne se fera pas tout seul. Il faut que le ministère nous aide en donnant de la visibilité et des moyens à la démarche, car le logo est encore très discret et méconnu des consommateurs » conclut Lise Fons-Vincent.

Comment fonctionne la certification ?
La certification HVE comporte 3 niveaux d’exigences.
Niveau 1 : Ce premier niveau concerne la maîtrise de la réglementation environnementale et le respect des obligations. C’est un prérequis pour accéder aux autres niveaux.
Niveau 2 : Muni d’une attestation de niveau 1, l’exploitant agricole ou viticole peut alors contacter un organisme certificateur agréé par le ministère de l’agriculture. Celui-ci  certifie le respect par l’exploitant d’un référentiel de 16 critères concernant les bonnes pratiques environnementales, composé de 4 thèmes : biodiversité, protection phytosanitaire, gestion de l’eau, fertilisation.
Niveau 3 :  Le niveau 3 permet d’obtenir la mention « Haute Valeur Environnementale ». Ce plus haut niveau de la certification environnementale HVE traduit un niveau d’excellence environnementale.

Où se former ?
La Chambre d’agriculture de l’Hérault accompagne les exploitations désireuses de s’engager dans la certification HVE avec pour objectif 100% de conformité lors des audits réalisés par les organismes certificateurs.
Renseignements auprès de Marine Pithon, chargée de mission en agro-écologie et viticulture durable, à la Chambre d’agriculture de l’Hérault : 04 67 36 44 14 – 06 14 13 08 16.

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